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RÉSUMÉ EXÉCUTIF

1. Outil d’opérationnalisation de la Vision Guinée 2040, le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) 2016-2020, constitue la deuxième génération de plan sous la 3ème République, après le Plan Quinquennal 2011-2015. Il fait suite à trois (3) séries de Documents de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) dont le dernier en date fut le DSRP-3 arrivé à échéance en 2015.

2. Fruit d’un processus participatif incluant la Primature, les ministères, à travers leurs BSD, le secteur privé, la société civile, les collectivités locales et les PTF, le PNDES s’articule autour d’une analyse de la dynamique du développement de la Guinée sur une longue période, d’un cadre stratégique 2016-2020, d’un cadre de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation. Il comprend en outre, un cadre de résultats et une synthèse des actions prioritaires.

3. De l’analyse de la dynamique du développement, il ressort qu’en dépit de l’ancrage démocratique et d’une normalisation progressive de sa situation politique, la Guinée reste globalement, un État fragile. Des défis critiques sont à relever dans tous les compartiments de la vie politique, économique et sociale. Le pays devra au cours des prochaines années, exploiter à bon escient ses énormes potentialités naturelles pour répondre aux enjeux majeurs de son développement.

4. Se fondant sur la Loi Fondamentale du pays, la Vision Guinée 2040, le Projet de Société du Président de la République, ainsi que les Agendas africains et internationaux du développement, le PNDES s’est fixé comme objectif global de « promouvoir une croissance forte et de qualité pour améliorer le bien-être des Guinéens, opérer la transformation structurelle de l’économie, tout en mettant le pays sur la trajectoire du développement durable ». Deux résultats finaux sont attendus de cet objectif global, à savoir (i) « à l’horizon 2020, le bien-être de la population guinéenne est amélioré, les inégalités sont réduites et l’équité intergénérationnelle est garantie » et (ii) « la transformation structurelle durable de l’économie guinéenne est amorcée ».

5. Pour le premier résultat final, il s’agit notamment, en termes de cibles visées : (i) d’accroitre l’indice de développement humain (IDH) du pays de 0,411 en 2014 à au moins 0,482 en 2020 ; (ii) de réduire l’incidence de pauvreté de 55,2% en 2012 à au moins 45,0% en 2020 et (iii) d’accroitre le couvert forestier du pays de 25,9% en 2014 à au moins 28% en 2020. Concernant le deuxième résultat final, les cibles visées sont entre autres : (i) d’accélérer la croissance du secteur primaire pour atteindre au moins 8,1% à l’horizon 2020 ; (ii) d’accroitre la part de l’industrie manufacturière dans le PIB de 8,3% en 2015 à au moins 9,5% en 2020 ; (iii) d’accroitre la part des produits manufacturiers dans les exportations de 7,5% en 2013 à 12,5% en 2020.

6. Pour réaliser ces résultats et atteindre les cibles fixées, la stratégie globale du PNDES 2016-2020 consistera d’une part, à asseoir les bases institutionnelles solides, indispensables au progrès économique, social et environnemental, ainsi qu’à développer un capital humain susceptible de maximiser le dividende démographique, favoriser l’accélération de la croissance économique et la réduction des inégalités. D’autre part, elle consistera : (i) à développer le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique, pour en faire un véritable levier de réduction à la fois, de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire; (ii) à promouvoir une industrie manufacturière incorporée aux secteurs primaire et miner, permettant d’exploiter toutes les chaines de valeurs de leurs filières respectives; (iii) à intégrer le secteur minier au reste de l’économie, à travers la promotion de PME/PMI compétitives en matière de fourniture de biens et services domestiques aux mines, et l’investissement d’une proportion importante des recettes minières dans le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique.

7. De façon plus concrète, les autorités voudraient renforcer ces choix stratégiques par la prise en compte des potentialités naturelles spécifiques à chaque région du pays. Elles entendent se servir en conséquence du PNDES, pour impulser une dynamique de transformation de l’économie via le développement d’agropoles régionales basées sur les filières à forte valeur ajoutée et de pôles miniers compétitifs, composés d’industries extractives et de PME/PMI en amont et en aval de ces industries extractives. De plus, le PNDES visera à garantir l’équité intergénérationnelle à travers la gestion durable des ressources naturelles et la lutte contre les changements climatiques.

8. De façon spécifique, la stratégie du PNDES s’articule autour de quatre piliers de développement que sont : (i) la promotion d’une bonne gouvernance au service du développement durable, (ii) la transformation économique durable et inclusive, (iii) le développement inclusif du capital humain ; et (iv) la gestion durable du capital naturel. Un pilier est une composante stratégique du PNDES. Il comprend des domaines prioritaires à travers lesquels sont déployées les actions devant permettre d’atteindre les résultats du Plan. Conformément au principe de la GAR, à chacune des déclinaisons (pilier et domaine prioritaire) du PNDES, correspondent une hiérarchie des objectifs, une chaîne de résultats et des indicateurs appropriés.

9. Ces piliers sont portés par trois vecteurs de changements structurels: (i) des investissements catalyseurs (énergie, routes, ports, aéroports, TIC,...) dans le secteur minier sous-tendus par une bonne gouvernance minière; (ii) des gains de productivités dans le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique induits par des investissements en aménagements, en matériels et en outillage, le développement des compétences et l’ouverture au commerce ainsi qu’aux capitaux étrangers ; (iii) la diversification industrielle hors mines en lien avec les chaînes de valeurs en amont et en aval des agropoles régionales.

10. Le PNDES se veut le cadre fédérateur des stratégies thématiques et sectorielles en cours de validité. Ces dernières en retour, sont des composantes intégrantes du Plan. Le PNDES assure la synergie de toutes ces stratégies dans la perspective d’une meilleure coordination de l’action publique au cours de la période, et de plus d’efficacité en termes de résultats du développement.

11. Le PNDES s’attachera ainsi à : (i) consolider les acquis de la Stratégie de Relance et de Résilience Socio-économique Post-Ebola 2015-2017 ; (ii) poursuivre et parachever la mise en œuvre des différentes composantes de cette stratégie ; (iii) opérationnaliser son instrument financier : le Fonds national de Relance et Résilience Post-Ebola ; et (iv) prolonger durablement les retombées positives de ses interventions.

12. De la même façon, le Plan stratégique de Réformes des Finances Publiques (PREFIP), le Programme de Réformes de l’Etat et de Modernisation de l’Administration (PREMA), la Stratégie de Promotion des Investissements ainsi que la Stratégie de Développement du Secteur Privé, la Stratégie Nationale pour la Diversité Biologique pour la mise en œuvre des objectifs d’Aichi en Guinée, (SNDB), tout en étant des composantes du PNDES sont des cadres d’orientation des actions du Plan dans leurs domaines respectifs. Le Programme Accéléré de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle et de Développement Agricole Durable (PASANDAD) 2017-2020, compte tenu de son caractère multisectoriel et multidimensionnel, est également une partie intégrante du PNDES en tant qu’à la fois, cadre d’orientation et d’opérationnalisation. Ces différentes stratégies/programmes, ont pour vocation de concourir à l’atteinte des résultats aux différents niveaux de déclinaison du PNDES.

13. La cohérence du cadre macroéconomique et la disponibilité des moyens budgétaires sont essentielles pour une meilleure allocation des ressources internes et externes indispensables pour la mise en œuvre du PNDES. Cette cohérence a été réalisée à l’aide du Modèle de Simulation de l’Economie Guinéenne (MSEGUI) sur la base de 2 scénarios, un scénario de référence et un scénario optimiste qui est celui retenu pour le Plan.

14. Conformément aux actions envisagées dans le PNDES, le scénario optimiste prévoit une rupture de la tendance du taux de croissance de l’économie guinéenne à partir de 2018. En effet, de 5,2% en 2016, la croissance économique devrait atteindre une moyenne annuelle de 9,4% sur la période 2018-2020 grâce aux ambitieux projets d’investissements envisagés notamment dans les infrastructures de transports et d’énergie. Le taux de croissance du PIB par habitant passerait de 2,2% en 2015 à 7,8% en 2020, pour inverser la tendance de la pauvreté et améliorer le bien- être des populations comme attendu.

15. Le coût global du PNDES 2016-2020 est estimé à 130 857,7 milliards de GNF dont 49,3% pour le pilier 2 relatif à la transformation économique, 38,2% pour le pilier 3 relatif au développement du capital humain, 7,3% pour le pilier 1 relatif à la bonne gouvernance et enfin 5,2% pour le pilier 4 relatif à la gestion du capital naturel. Ce coût sera financé à 30,0% par le Budget national, 38,2% par le secteur privé à travers les projets d’investissements négociés ou en cours de négociation dans le cadre du Partenariat-Public-Privé. En termes de besoins de financements, le montant à rechercher serait de 41 578,62 milliards de GNF, soit 31,8% du coût total du PNDES. Ce besoin pourrait être comblé par la recherche de fonds auprès des partenaires techniques et financiers (PTF), auprès des mécanismes de financements innovants et par le Partenariat public-privé (PPP).

16. Le succès du PNDES requiert l’implication harmonieuse de tous les acteurs de développement et l’utilisation coordonnée de leurs instruments respectifs. Ainsi, l’État à travers ses administrations centrales et déconcentrées, les collectivités locales, le secteur privé, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers (PTF) sont les principaux acteurs de la mise en œuvre du PNDES.

17. Au niveau de l’État, les instruments de mise en œuvre du Plan sont: (i) les politiques/stratégies sectorielles ; (ii) les PPP ; (iii) le cadre budgétaire à moyen terme (CBMT) et les cadres des dépenses à moyen terme (CDMT) ; (iv) le programme d’investissement public (PIP) ; (v) le Budget de l’État ; (vi) les plans d’actions ministériels, et (vii) les programmes sectoriels. Par conséquent chacun de ces instruments devra s’aligner sur les résultats escomptés et les actions prioritaires du Plan.

18. Les collectivités locales concourront à la mise en œuvre des Plans Régionaux de Développement Economique et Social (PRDES), lesquels font partie intégrante du Plan, à travers le Plan de Développement Local, (PDL), le Programme Annuel d’Investissement (PAI) et le budget de la collectivité. Le secteur privé est également appelé à contribuer aux côtés de l’État, à la réalisation des objectifs du PNDES. Les instruments dont dispose le secteur privé à cet effet sont : (i) la Stratégie de Développement du Secteur Privé (SDSP) et (ii) son plan d’action en 15 programmes ; (iii) le Plan Stratégique de l’Agence de Promotion des Investissements Privés. Avec la société civile, l’État établira un cadre partenarial autour des contrats de participation pour la réalisation des objectifs du Plan.

19. Les cadres de coopération (les stratégies/programmes-pays) et les conventions de partenariat sous-tendus par les appuis budgétaires, les appui-projets, etc. sont les principaux instruments des PTF pour la mise en œuvre du PNDES. Ces modalités seront utilisées dans le strict respect des principes de la Déclaration de Paris. Le Gouvernement s’attachera de son côté à mieux coordonner les appuis des PTF à travers l’instauration d’un dialogue politique constructif. Le PNDES est dans cette perspective, le cadre de référence sur lequel devront s’aligner les PTF. Le Gouvernement attend également de ces derniers, de plus en plus d’approches conjointes d’appui, pour plus d’efficacité de leurs interventions. A cet effet, il prendra les dispositions requises pour asseoir un cadre fiduciaire à même de faciliter l’utilisation des procédures nationales de dépenses publiques et la mobilisation d’appuis programmes.

20. Pour le suivi et l’évaluation du PNDES, un dispositif a été mis en place : le DISE (Dispositif Institutionnel de Suivi et d’Evaluation). La mission principale du DISE est de formaliser et d’animer le dialogue avec toutes les parties prenantes, sur la performance des actions de développement inscrites au PNDES, conformément aux principes directeurs du Plan. Le DISE fait intervenir cinq catégories d’acteurs : (i) le Cadre de Concertation et de Coordination (réaménagé) entre le Gouvernement et les Partenaires au développement (CCC) ; (ii) le Comité Technique de Suivi (CTS) ; (iii) les Groupes Thématiques de Dialogue (GTD); (iv) les Ministères à travers les Bureaux de Stratégie et de Développement (BSD) ; et (v) les Régions/Préfectures à travers les Cellules de Suivi et d’Evaluation (CRSE/CPSE).

21. L’animation du dialogue sur la performance dans le cadre du DISE, se fera à travers un mécanisme de revues articulé autour de revues ministérielles/régionales/préfectorales, de revues thématiques, de revues techniques et de revues plénières. La périodicité de ces différentes revues est semestrielle pour tenir compte du calendrier du cycle budgétaire défini par la LORF. En année n, les premières revues semestrielles sont des revues de mise en œuvre des actions de l’année n-1, et les deuxièmes revues semestrielles sont des revues de programmation des actions de l’année n+1. Au plan technique, le DISE est doté de trois (3) outils : le Cadre de Mesure de la Performance (CMP), le Rapport annuel de Performance (RAP) et le Document Annuel de Programmation (DAP).

22. La mise en œuvre réussie du PNDES pourrait être contrecarrée par la survenue de plusieurs facteurs de risques endogènes ou exogènes. Au nombre de ces facteurs, il y a : (i) l’instabilité socio-politique ; (ii) la faiblesse du leadership national ; (iii) la faible mobilisation des ressources intérieures ; (iv) un déficit persistant de capacités ; (v) une conjoncture sous régionale et/ou internationale défavorable ; (vi) les aléas climatiques et les urgences humanitaires (telle que la résurgence de la MVE et d’autres épidémies). 

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